PSC-CC
La Plateforme de la Société Civile sur le Changement Climatique

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PSC-CC Rapport Synthèse Atelier Saint Marc Haiti et les CC 29-09-15
ATELIER D’INFORMATION ET DE SENSIBILISATION « HAITI ET LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES : MIEUX INFORMER LA SOCIETE CIVILE » Mardi 29 Septembre 2015, Le Troquet Café Théâtre, Saint Marc, Haïti Maitre de (...)

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Haïti et ses voisins plaideront pour compenser les maux liés aux changements climatiques

L’ère technologique et industrielle actuelle fait planer un doute certain dans les esprits, par rapport aux déséquilibres avérés du climat. Les pays pauvres constituent les principales victimes des émissions de gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O) qui absorbent en partie, la chaleur du soleil, engendrant ainsi le réchauffement climatique. Face à ce fait, Haïti et d’autres États insulaires vont faire valoir leur position à la 21e Conférence des Parties, du 30 novembre au 11 décembre 2015, à Paris.

Les changements climatiques affectent déjà les pays les plus pauvres de la planète, y compris Haïti qui devient plus fragile sur plan environnemental, sous la menace récurrente de catastrophes naturelles. Des millions d’Haïtiens pourraient être affectés dans les années à venir.

Aussi Haïti et d’autres États de la Caraïbe insulaire n’entendent-ils nullement croiser les bras face à ces menaces provoquées par les pays riches et industrialisés qui émettent beaucoup de gaz carboniques dans l’atmosphère, hypothéquant ainsi la survie de l’espèce humaine et la reproduction même de tous les êtres vivants de la planète.

Vers un plaidoyer d’importance capitale

Haïti est en effet intéressée à faire partie des pays sous-développés qui participeront à la 21e Conférence des Parties (COP 21) à Paris (France), en décembre 2015. Question de communiquer leur position et faire valoir les grandes lignes de la Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN), a indiqué Ernst Abraham, directeur du Service chrétien d’Haïti (SCH) et vice-président de la Plateforme de la Société Civile sur le Changement Climatique, (PSC-CC).

Il s’agira en outre de voir, avec les pays riches qui ont déversé beaucoup de gaz carboniques dans l’atmosphère, comment résoudre les problèmes liés au réchauffement climatique par rapport aux fonds disponibles pour répondre aux maux des effets causés par les changements du climat dans les pays pauvres. Mais aussi on en profitera pour exiger, d’une seule voix, des compensations méritoires pour avoir subi les effets des changements climatiques, engendrés par les émissions de gaz à effet de serre.

« Pendant les 20 à 50 prochaines années, le niveau de la mer pourrait augmenter sous les effets des changements climatiques. Ce qui risquerait d’avoir de graves conséquences, notamment sur les villes côtières », prévient Ernst Abraham, qui croit que la sensibilisation reste le moyen le plus efficace pour attirer l’attention sur ce danger qui se profile à l’horizon comme étant une véritable épée Damoclès au-dessus de nos têtes.

A la conquête de compensations chiffrées !

C’est dans cette perspective, sous le leadership de Panos Caribbean, d’ACT-Alliance et autres organismes, qu’une rencontre réunissant l’ensemble des organisations de la société civile, autour du thème : « Haïti et la justice climatique », s’était tenue le 12 novembre, à l’hôtel Ritz Kinam. Il s’agissait de voir comment ces acteurs pourraient aider à la rédaction des recommandations à faire dans les négociations qui seront enclenchées entre les pays du Sud et les pays du Nord à la fin de l’année.

De son côté, André Prospère Raymond, représentant d’ACT-Alliance, laisse comprendre qu’Haïti, loin d’être un pays pollueur, subit plutôt la pollution environnementale engendrée par les pays hautement industrialisés comme les États-Unis, la Chine et l’Inde.

D’où, avance-t-il, la nécessité de discuter de compensations chiffrées à donner à ces pays pauvres affectés par les changements climatiques, lors de cette Conférence internationale qui se déroulera à Paris en décembre.

Dans un second temps, indique-il, même si Haïti devra travailler pour son développement, on doit voir aussi comment articuler un autre modèle de développement, devant aller à l’encontre d’une société de consommation à outrance. Mais de préférence, d’utiliser des énergies renouvelables pour produire de l’électricité et autres.

« A partir des recommandations issues de la Conférence de Paris, nous allons proposer le document y relatif aux autorités haïtiennes constituées, aux fins de l’élaboration des lois, susceptibles d’aider au développement durable », laisse entendre André Prospère Raymond, avant d’attirer l’attention sur la déforestation incontrôlée qui, dit-il, risque de provoquer une sécheresse sans précédent et le tarissement systématique de nos sources aquatiques.

D’après Ernst Abraham qui plaide sans retenu pour le dédommagement des pays victimes, ces compensations chiffrées doivent être accompagnées d’un calendrier. Et, ajoute-t-il, les conditions de décaissement doivent être accessibles à tous.

« C’est-ce qu’on appelle un document contraignant. Les pays pollueurs doivent se mettre d’accord pour le signer », souhaite le directeur du Service Chrétien d’Haïti (SCH), qui signale la présence également du gouvernement haïtien via le ministère de l’Environnement à ce forum en perspective.

Problème majeur et absence de volonté politique

Interrogé sur les impacts néfastes des changements climatiques, le professeur à l’université, Camille Charlmers qui a donc été l’un des intervenants à l’atelier de sensibilisation, en prélude à la Conférence de Paris, a fait remarquer une absence criante de décisions et de volonté politiques de la part des pays riches qui ne visent que des profits financiers.

Pour le professeur Clarlmers, le changement climatique et ses effets destructeurs sont une conséquence du modèle de développement extra-activiste qui s’est imposé à nous, particulièrement depuis près de 500 ans. Les changements climatiques, poursuit-il, sont provoqués par des actions humaines. Ainsi donc, croit-il, ils sont aussi modifiables dans la mesure où ils sont liés aux actions de nos sociétés.

« De 1972 à 2015 il y a eu très peu de volonté politique visant à prendre les mesures adéquates, susceptibles de changer la donne », a fait remarquer Camille Charlmers, soulignant au passage qu’il y a eu en même temps, des progrès considérables au niveau des mouvements sociaux à cette fin.

Il faut, dit le professeur Charlmers, qu’on prenne conscience des 500 ans d’histoire caractérisés par une agression multiforme des forces du capital contre le peuple haïtien et la nature. Ce, pour sortir de cette logique du capitalisme mondial et de construire un autre modèle de société, où la vie est au centre des préoccupations.

« Il faut penser à cette société où ce qui est le plus important, c’est de satisfaire les besoins réels de l’humanité au lieu d’enclencher une course à la surconsommation qui n’est profitable qu’aux grandes entreprises », prêche Camille Charlmers qui croit, tout en plaidant pour la réduction d’au moins 40 % des gaz à effet de serre, que « la justice climatique » doit être une réalité pour les petits pays, victimes de cette tendance d’exploitation disproportionnelle.

Pour sa part, le chanteur haïtien de renommé international, Jean Belony Murat dit Bélo, qu’intervenait lui aussi dans le cadre de la rencontre, affirme avoir cru que le problème du changement climatique concerne tous les secteurs de la vie nationale et internationale. Il constitue, avance-t-il, un danger imminent pour l’avenir de l’humanité.

« Je comprenais que cela concernait seulement les pays du Nord qui produisent beaucoup de gaz à effet de serre, polluant l’atmosphère. Mais au fil du temps, j’ai fini par comprendre que nous sommes l’une des sociétés victimes de ce fait dans la Caraïbe insulaire. Le danger nous guette sérieusement. Et cela nécessite une mobilisation collective », déclare l’artiste qui croit qu’Haïti doit haut et fort, élever la voix sur cette question.

Face à cette problématique mondiale qui frappe à nos portes, de nombreux spécialistes insistent sur la nécessité d’impliquer tous les acteurs de la société dans les efforts visant la protection de l’environnement, la conservation de la biodiversité et l’adaptation au changement du climat. Des sujets de préoccupation mondiale qui vont être traités au cours des assises en décembre prochain en France dans le cadre de la COP 21.

Texte et photo : Alix Laroche

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